Etre entrepreneuse « non-essentielle » pendant une crise sanitaire mondiale

Depuis le mois de mars 2020 nos vies sont bouleversées par une crise sanitaire inédite, pour notre génération du moins.

Je ne m’étalerai pas sur les décisions et restrictions gouvernementales ou encore les chiffres et les avis scientifiques.

Cela étant, je voulais vous partager l’expérience de cette crise par rapport à ma petit entreprise de mode. Commerce non-essentiel, donc.

Au mois de mars 2020, lorsque j’apprends les mesures de confinement total et la fermeture des frontières, je reste positive. Cela ne va pas durer éternellement, d’ici quelques semaines tout sera rentré dans l’ordre et je pourrai partir vers ce pays que j’aime tant, le Maroc, pour créer et lancer la production de la collection estivale : la plus importante de l’année.

Puis, les semaines passent, les mesures se durcissent et je comprends qu’on est loin d’être tirés d’affaire. Je réfléchis à comment travailler à distance… J’ai plein de nouvelles idées pour cette collection et je dois trouver de nouveaux artisans, experts dans ces domaines. L’idée est de faire une réelle transition vers une production éco-responsable ainsi que de lancer ma première collection de prêt-à-porter dans une démarche de slow fashion. Hélas, je ne peux pas faire cela à distance.

Aller, on reste positifs : pas de collection estivale plutôt qu’une collection à distance, sans les nouveautés prévues etc. MAIS, on profite de ce temps pour se concentrer sur la création, les idées, la communication, les actions commerciales, le marketing, le branding etc.

Au fil des jours et des semaines, les TodoList diminuent voire disparaissent, c’est plutôt satisfaisant. Maoba arrive à avancer sur des tâches et des questionnements non éludés depuis des mois. On retrouve l’envie de créer, on a plein de nouvelles idées à développer. Alors de nouveau, les ToDo à rallonge réapparaissent comme par magie.

La France est alors sur la fin de son confinement total, plutôt satisfaisant aussi.

Alors, on commence à prévoir un voyage au Maroc sur tout le mois d’août, en étant persuadés d’une réouverture des frontières pour la période estivale. Mais encore une déception, puisque le Maroc ne rouvrira ses frontières qu’au début du mois de septembre, et sous certaines conditions… Pour des raisons indépendantes à tout ça, nous avions des obligations en France aux mois de septembre & octobre. On prend alors des billets qui décollent début novembre. ENFIN, on va pouvoir partir et travailler sur une collection pour les fêtes. Niveau timing, ça va être short mais on va y arriver. La collection ne sera pas aussi grande que prévue mais il y aura une collection ! On va devoir en quelques semaines : trouver un nouvel atelier de couture, un fournisseur de tissu issu du recyclage, un fournisseur de cuir & daim etc.

Il nous faut une collection pour Noël si on ne veut pas mourir.

Les coups durs s’enchaînent, on commence à avoir réellement peur pour notre projet… Pas de collection pendant une année entière c’est quand même une sacrée balle dans le pied. Surtout quand on est une petite entreprise dans ses débuts.

Il faut savoir que pour nous, la période estivale et celle de Noël sont les plus importantes de l’année. C’est ce qui nous permet de faire notre chiffre de l’année. 

Le coup de massue, moins d’une semaine avant notre vol : E. Macron annonce un reconfinement français et la fermeture des frontières.

Ni une, ni deux, on tente le tout pour le tout : on trouve un vol qui décolle samedi 31.10, on réserve, on file faire un test PCR et on croise les doigts pour pouvoir partir quand même. En deux temps, trois mouvements, on est à Agadir au Maroc !

En arrivant au Maroc, je rencontre Halima Fanedoul, fondatrice de GFA. La magie des réseaux sociaux, nous a permis de nous rencontrer et aujourd’hui de travailler ensemble !

La GFA a été comme une évidence. C’est grâce à l’agence que j’ai pu rebondir aussi rapidement. L’agence m’a accueilli dans ses ateliers, présenté ses différents fournisseurs et cela m’a permis de pouvoir créer la première collection de prêt-à-porter dans des conditions optimales et de façon éco-responsable, ainsi que la collection maroquinerie de l’hiver 2020.

L’atelier, situé dans la région d’Agadir au Maroc est managé par des couturiers expérimentés, ayant travaillé pour de grandes maisons de mode. C’est une équipe à taille humaine, qui respecte les conditions de travail d’un point de vu social et financier.

Grâce à leur sustainable consultant Pierro, Maoba est en route pour être officiellement labélisée en tant que marque éco-responsable par l’UNGC.

La Green Fashion Agency, nous permet de faire partie de quelque chose de plus grand que nous. De plus, on fait partie d’une équipe d’expert, chacun dans un domaine : la communication, la direction artistique, la stratégie digitale, la production éco-responsable, etc. L’équipe est là pour accompagner, booster et solutionner !

GFA c’est la collaboration, l’entraide : chaque entrepreneur a différentes expériences et compétences particulières. L’idée est de pouvoir mettre tout ça en commun, que chacun apporte sa compétence, ses skills pour l’équipe. L’esprit de team building est très présent.

Maoba aujourd’hui 

Aujourd’hui, Janvier 2021 : Maoba a lancé une collection hiver & une collection été est en cours de production.

En quelques mois seulement la GFA a su rebooster mon activité, me motiver, me relancer sur le chemin de l’entreprenariat sans même avoir l’impression que le monde est toujours en crise. Les projets pour le futur s’enchaînent : ouverture d’un shop, les bureaux de la Green Fashion Agency, organisation d’évènements, bientôt le shooting de la prochaine collection, etc.

Voilà à quoi ont ressemblé ces derniers mois en tant qu’entrepreneur ! Des rebondissements, des surprises, des doutes, des rencontres, mais surtout beaucoup de travail 😉

Dans la vie comme dans l’entrepreneuriat, je pense qu’il n’y a pas de hasard.

Croyez en vos rêves, la Green Fashion Agency est là pour les réaliser 😉

Inès, créatrice de Maoba Design

@maobadesign

www.maobadesign.com